Photos de classe manquantes

A vos archives ! Il nous manque 5 photos de classe (sur 28) des années scolaires de Louis à SFX : 1950-51, 1951-52, 1952-53, 1953-54, 1954-55. Merci de nous les envoyer scannées en 300 DPI.

mercredi 16 décembre 2009

Pas de photo de classe en 1965-66

Vous ne trouverez pas de photo de classe pour la 6e latine B 1965-66. Louis passe cette année-là par un épisode de dépression sévère qui l'empêche de travailler.

Un fait étonnant peut-être pour ceux qui l'ont toujours connu au mieux de sa forme. Une souffrance dont la cause nous restera sans doute secrète...

mardi 15 décembre 2009

6e Latine B 1962-63

6e Latine B 1962-63 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 49 ans.

1re rangée, assis par terre, de gauche à droite :
R. Luxen, Ch. Hotermans, Ph. Bolland, Ch. Leroy, B. Winandy, J.M. Keutgen.

2e rangée :
B. Jortay, M. Fondeur, J.C. Philippart, Y. Wirth, H. Massart, Louis De Donder, L. Albert, M. Hermans, P.P. Heuze, G. Giffroy, J. Thielen.

3e rangée :
P. Gillot, C. Simonis, Y. Diépart, R. Jungbluth, A. Fonsny, G. Boland, J.C. Legros, G. Gille, L. Grand, R. Hotterman, G. Boudry, J. Delincé.

4e rangée :
Th. Carabin, J. Nizet, B. Winandy, J. Spronck, Y. Leroi, Fr. Boxho, A. Heck, M. Biersard, P. Lousberg.

Sur la piste d'un ancien, Thierry Carabin (dont il est question aussi dans le message "Un ancien à Paris") :
http://thmcarabinleblog.canalblog.com/
 

samedi 12 décembre 2009

6e Latine B 1961-62

6e Latine B 1961-62 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 48 ans.

Il manque le prénom du 6e élève du dernier rang (Heuse). Si vous le connaissez, merci de compléter d'un commentaire.



 
1re rangée, assis par terre, de gauche à droite :
Albert Jacquinet, Jean Grenade, Jean-Michel Daele, André Heck, Yannick Gérard, Daniel Leveaux, Jacques Pirard.

2e rang, assis :
Jean-Louis Hick, Serge Louviaux, Christian Leidgens, Dominique Grand, Louis De Donder, Philippe Degey, Jacques Delincé, Marc Wolter.


3e rang :
Jean-Claude Davenne, Firmin Hercot, Daniel Naveaux, Philippe Born, Luc Albert, Jean-Pierre Detrembleur, Christian Robert, Léopold Haas, Jean-Pierre Pieffer, Mathieu Darchy.

4e rang :
Pierre Martin, Jean-Claude Albert, Emmanuel Devos, Pol Closset, Noël Lecloux, (prénom composé, peut-être Pierre-Philippe) Heuse, Jacques Coulon, Bernard Stiennon, Robert Orioli, Jean-François Fonsny.

" Vlà l'noeud disti l'soyeu"


"'Vlà l'noeud disti l'soyeu", selon Albert Dumont (Rh. 79), ex-élève de LDD, est une expression que Louis employait quand un élève "coinçait" sur une question et qu'aucun son ne sortait plus de sa bouche... Quelqu'un peut-il confirmer ce souvenir qu'Albert communique avec quand même quelques doutes ?

Sinon, parmi les éléments de la mythologie dedonderesque, il rappelle aussi, en vrac :
- son attachement au journal (français évidemment) l'Aurore.
- son expression : "Un paillasson avec une inscription Interdit aux Mendiants et colporteurs, c'est un passeport pour l'enfer".
- quand la classe dormait, il sortait dans le couloir et rentrait en hurlant, comme son adjudant à l'armée, un tonitruant "Deuh-booooouuuuuuuuuuuuuuuu-euh !"
- l'histoire de la "roulante" (cuisine de campagne) du régiment qui était tombée dans le Demer lors de la campagne de 18-Jours, et dans laquelle il voyait représentée symboliquement toute la déroute de l'armée belge, car une armée qui ne mange pas...






vendredi 11 décembre 2009

L'arrivée de Louis De Donder à SFX


D’après les souvenirs de Jean Janssen, Louis serait arrivé au Collège en 1950. Or le document ci-contre en haut, qui comprend la liste des professeurs pour la rentrée de septembre 1950, mentionne M. Gaspars comme titulaire de 6eB. Il s'agit de deux pages du calendrier scolaire de 1949-1950, que chaque élève et chaque enseignant recevait au début de l'année scolaire.


Le document du bas est la version de septembre 1951 du même document. La liste des professeurs mentionne bien Louis De Donder.


Il reste possible toutefois que Louis soit arrivé en cours d’année 1950, entre septembre en décembre, s’il s’avère que M. Gaspars ait été défaillant inopinément, pour des raisons de santé par exemple.
Nous ne désespérons pas de remettre la main dans les archives jésuites du provincialat de Bruxelles sur le "diaire" (sorte de journal où sont consignés les événements quotidiens d’une institution, ou d’une mission) que normalement le ministre ou le supérieur de l’époque a dû tenir. Ou une pièce comptable faisant état d’un salaire pour Louis en 1950. Car à l’époque ce n’était pas l’Etat (ou la Communauté française) mais bien la Communauté jésuite qui payait (mal, d’après Louis...) les professeurs.

jeudi 10 décembre 2009

6e Latine B 1960-61


6e Latine B 1960-61 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 47 ans.

Les noms des élèves, ont été gribouillés au dos de la photo, la plupart du temps sans prénom et avec de nombreux doutes sur l'orthographe.

Heureusement, des Anciens, Augustin Kreit et Jean-Marie Dehan, nous ont écrit en 2010 pour compléter cette liste de noms. Il reste encore quelques inconnus. Merci de nous aider à compléter cette liste en ajoutant un commentaire à ce message.

1re rangée, assis, de gauche à droite  :
Alain Delhez, Alain Jonlet, Vincent Herla, Philippe Garot, (prénom ?) Sarlet.

2e rangée :
Robert Cardols, Iwan Gille, Christian Hansen, Alain Beckers, Louis De Donder, Christian Leidgens, (Claude ?) Delvaux, Jacky Zintzen, Luc Quertemont.

3e rangée :
Jean-Paul Hendricks, André Leveaux, Jean-Michel Royaux, Philippe Freitag, Guy Meauxonne, Marc Bissot, René Simonis, Alain Larsille, André (?) Serwier.

4e rangée :
Daniel Naveau, Marc Volter, Jean-Claude Albert, Augustin Kreit, Emmanuel Devos, Roland Debry, Jean-Marie Dehan.


mercredi 9 décembre 2009

Pourquoi Raymond Héroufosse était sur la photo

Dans ce message du 7 décembre 2009, J. M. Klinkenberg se demandait pourquoi Raymond Héroufosse était sur la photo de la fable du Meunier, son fils et l'âne.
La réponse est venue de l'intéressé : parce qu'il faisait partie de la classe, tout simplement, mais pas longtemps semble-t-il, à en croire son commentaire :



Mon Cher Patrick,
je me suis fait virer de SFX avant la fin de la 6ème latine. C'était sûrement la dernière "scène"! Motif du renvoi : "dessine dans ses cahiers !". (...) [Mais] je ne vis pas avec un rétroviseur, je ne suis pas rancunier, je n'ai pas de mauvais souvenirs.
Si ça tombe, c'est peut-être De Donder qui m'a viré !
A ta santé !
Raymond.



Piquant de constater 50 années plus tard que Raymond, parmi de nombreuses autres activités artistiques, citoyennes et communicatives, a fondé à Polleur avec son épouse Bernadette un atelier de sérigraphie d'art dont la réputation s'étend à l'Europe et une entreprise de communication publicitaire renommée.

Un portrait de lui est disponible ici.

Et sa dernière farce (à ce jour) est sur le site de Télévesdre.

Louis au 125e anniversaire du Collège


Cette photo date du samedi 31 mai 1980, le jour des festivités du 125e anniversaire. La personne à côté de Louis est le Père Walthère Derouau qui fut recteur à Verviers avant de partir à Bujumbura. A l'époque de cette photo, il était déjà rentré d'Afrique et résidait à Namur. 
Derrière lui, sur la photo, se profile le Père Jaspar, père ministre dans les années 70.

mardi 8 décembre 2009

O tempora o mores




Autres temps, autres moeurs...


Ces recommandations de politesse chrétienne ("vertu faite de charité et de renoncement") se trouvent à la fin du calendrier scolaire de 1967-68, un document que chaque élève et enseignant recevait en début d'année.


A noter l'intéressante nuance de "dignité" (et implicitement donc aussi d'indignité) que les élèves du collège sont supposés pouvoir évaluer. On leur demande en effet de manifester certaines marques de déférence envers des personnes "plus dignes".



A noter aussi qu'en mai de l'année 1968 en question, certaines idées archaïques allaient subir un radical dépoussiérage.


Il serait intéressant de voir si le calendrier 1968-69 contenait autant de sentencieuses calembredaines...





lundi 7 décembre 2009

Dedon, le Meunier, son fils et l'âne


Jean-Marie Klinkenberg, aujourd'hui professeur de sémiotique et de rhétorique à l'ULg, était dans la sixième latine 1956-57 de Louis De Donder. Il a retrouvé cette photo dans ses archives et nous raconte :

"A la remise des prix, nous étions quelques-uns à avoir mis en scène la fable de La Fontaine "Le meunier son fils et l'âne".  Voici donc, sous l'oeil paterne de LDD (en commençant par la rangée du fond) :  
- le narrateur (mon cher Guy Noirhomme (+))
- les "trois bons marchands" (ici réduits à deux : R. Robert et M. Chapelle), 
- le "quidam" (Ph. Potel), 
- J.M. Klinkenberg, représentant la "troisième troupe", 
- les "trois filles" (J.P. Thijskens, J. Collin et Raymond Héroufosse, qui fait ici son apparition, je ne sais trop comment : il faudrait le lui demander), 
- le fils du meunier, "non pas des plus petits,/ Mais garçon de quinze ans" (M. Thenaers), 
- l'âne (M. Pirard, pas très reconnaissable), 
- le meunier (J. Henkinbrant)."

Et pour la bonne bouche, voici la fable :

Le Meunier, son Fils, et l'Ane

L'invention des Arts étant un droit d'aînesse,
Nous devons l'Apologue à l'ancienne Grèce.
Mais ce champ ne se peut tellement moissonner
Que les derniers venus n'y trouvent à glaner.
La feinte est un pays plein de terres désertes.
Tous les jours nos Auteurs y font des découvertes.
Je t'en veux dire un trait assez bien inventé ;
Autrefois à Racan Malherbe l'a conté.
Ces deux rivaux d'Horace, héritiers de sa Lyre,
Disciples d'Apollon, nos Maîtres, pour mieux dire,
Se rencontrant un jour tout seuls et sans témoins
(Comme ils se confiaient leurs pensers et leurs soins),
Racan commence ainsi : Dites-moi, je vous prie,
Vous qui devez savoir les choses de la vie,
Qui par tous ses degrés avez déjà passé,
Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé,
A quoi me résoudrai-je ? Il est temps que j'y pense.
Vous connaissez mon bien, mon talent, ma naissance.
Dois-je dans la Province établir mon séjour,
Prendre emploi dans l'Armée, ou bien charge à la Cour ?
Tout au monde est mêlé d'amertume et de charmes.
La guerre a ses douceurs, l'Hymen a ses alarmes.
Si je suivais mon goût, je saurais où buter ;
Mais j'ai les miens, la cour, le peuple à contenter.
Malherbe là-dessus : Contenter tout le monde !
Ecoutez ce récit avant que je réponde.

J'ai lu dans quelque endroit qu'un Meunier et son fils,
L'un vieillard, l'autre enfant, non pas des plus petits,
Mais garçon de quinze ans, si j'ai bonne mémoire,
Allaient vendre leur Ane, un certain jour de foire.
Afin qu'il fût plus frais et de meilleur débit,
On lui lia les pieds, on vous le suspendit ;
Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre.
Pauvres gens, idiots, couple ignorant et rustre.
Le premier qui les vit de rire s'éclata.
Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là ?
Le plus âne des trois n'est pas celui qu'on pense.
Le Meunier à ces mots connaît son ignorance ;
Il met sur pieds sa bête, et la fait détaler.
L'Ane, qui goûtait fort l'autre façon d'aller,
Se plaint en son patois. Le Meunier n'en a cure.
Il fait monter son fils, il suit, et d'aventure
Passent trois bons Marchands. Cet objet leur déplut.
Le plus vieux au garçon s'écria tant qu'il put :
Oh là ! oh ! descendez, que l'on ne vous le dise,
Jeune homme, qui menez Laquais à barbe grise.
C'était à vous de suivre, au vieillard de monter.
- Messieurs, dit le Meunier, il vous faut contenter.
L'enfant met pied à terre, et puis le vieillard monte,
Quand trois filles passant, l'une dit : C'est grand'honte
Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,
Tandis que ce nigaud, comme un Evêque assis,
Fait le veau sur son Ane, et pense être bien sage.
- Il n'est, dit le Meunier, plus de Veaux à mon âge :
Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez.
Après maints quolibets coup sur coup renvoyés,
L'homme crut avoir tort, et mit son fils en croupe.
Au bout de trente pas, une troisième troupe
Trouve encore à gloser. L'un dit : Ces gens sont fous,
Le Baudet n'en peut plus ; il mourra sous leurs coups.
Hé quoi ! charger ainsi cette pauvre bourrique !
N'ont-ils point de pitié de leur vieux domestique ?
Sans doute qu'à la Foire ils vont vendre sa peau.
- Parbleu, dit le Meunier, est bien fou du cerveau
Qui prétend contenter tout le monde et son père.
Essayons toutefois, si par quelque manière
Nous en viendrons à bout. Ils descendent tous deux.
L'Ane, se prélassant, marche seul devant eux.
Un quidam les rencontre, et dit : Est-ce la mode
Que Baudet aille à l'aise, et Meunier s'incommode ?
Qui de l'âne ou du maître est fait pour se lasser ?
Je conseille à ces gens de le faire enchâsser.
Ils usent leurs souliers, et conservent leur Ane.
Nicolas au rebours, car, quand il va voir Jeanne,
Il monte sur sa bête ; et la chanson le dit.
Beau trio de Baudets ! Le Meunier repartit :
Je suis Ane, il est vrai, j'en conviens, je l'avoue ;
Mais que dorénavant on me blâme, on me loue ;
Qu'on dise quelque chose ou qu'on ne dise rien ;
J'en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien.

Quant à vous, suivez Mars, ou l'Amour, ou le Prince ;
Allez, venez, courez ; demeurez en Province ;
Prenez femme, Abbaye, Emploi, Gouvernement :
Les gens en parleront, n'en doutez nullement.

dimanche 6 décembre 2009

Un ancien à Paris

Thierry Carabin, qui se présente sur son blog comme
consultant, formateur, écrivain, conférencier et humaniste, basé à Paris, mentionne un certain nombre de personnes "à qui il doit beaucoup", et il leur adresse des remerciements.

Parmi celles-ci, un certain "Monsieur Louis Dedonder, Professeur de Lettres"...

Voilà qui aurait plu à notre vieux francolâtre...

samedi 3 octobre 2009

La légende du chagrin d'amour inconsolé


Une histoire courait encore de mon temps (les années septante) sur une déception amoureuse ou un mariage empêché pour une question de différence de classe sociale ou quelque chose du même ordre, et dont Louis ne se serait jamais consolé. Cette expérience expliquerait son choix de vie célibataire.
Mythe, rumeur, vérité déformée ?...
Voici en tout cas un témoignage qui va dans le même sens :


Un témoin, ancien élève du Collège, nous confirme les faits. Selon lui ses parents avaient invité Louis De Donder un dimanche à dîner, sans doute, pense ce témoin, pour le remercier d'avoir été le professeur de 6e Latine de leurs trois fils.
Il aurait évoqué à ce repas le début d'une liaison avec la fille d'un notaire de Thuin qui s'appellait Isabault de Hainaut (le prénom sonne tellement romantiquement, que déjà le doute s'installe).
Si elle est vraie, l'histoire a tourné court de toute façon : le notaire en question aurait fait comprendre aux tourtereaux (ou à sa fille, ou à Louis) que ce mariage était impossible. 


vendredi 2 octobre 2009

3e Latin-Grec 1977-78 : la dernière classe


Voici les derniers privilégiés qui, sur cette terre, ont eu la chance de passer un an de leur vie au contact de Louis De Donder. Sur cette photo, Louis a 64 ans à la rentrée des classes, et c'est donc sa dernière année de travail : l'année scolaire 1977-78, 3e Latin -Grec, nouvelle numérotation.

Ces gamins avaient 14 ans au moins en 1977 et en ont donc 46 au moins en 2009. Ce sont les plus jeunes élèves de Louis. Un calcul approximatif permet donc d'estimer que ses premiers élèves de sixième, 40 ans plus tôt, en 1937, avaient 12 ans... et donc au moins 86 ans aujourd'hui en 2009. Du moins ceux qui sont encore de ce monde.

Et pourtant, quand je regarde mon vieux professeur, j'ai toujours et éternellement 14 ans...
Pas vous ?

Sur cette photo, 1re rangée, assis :

Fabian Piret, Pascal Delcambe, Pierre François, Louis De Donder, Pierre-Yves Geron, Stéphane Jaumin, Pierre Schils.

2e rang, debout :
Marc Léonard, Vincent Meys, Roland Reuter, François Hercot, Jean-Pierre Nols, Dominique Jost.

3e rang, debout :
Bernard Ledoyen, Jean-Marc Simons, Thierry Lesenfants, Vincent Vermeire, Jean-Luc Petit, Philippe Hortulanus, François Bouhon.

dimanche 20 septembre 2009

Tabulam spectamus


Ceci devrait rappeler de sacrés souvenirs à la plupart de ceux qui sont passés par le Collège dans les années 60 et 70.
Il s'agit de la première leçon du célèbre manuel "Le latin en sixième" du Père van Rijckevorsel. Ce savant Jésuite a enseigné à SFX, ai-je appris lors de mes recherches pour ce blog. Il se trouve sur cette photo.
Un ancien élève de Louis peut-il nous faire savoir s'il utilisait ce manuel quand il était titulaire de sixième ?

Pour ma part, j'avais ce manuel en 1972 dans la classe de sixième du Père Léon Van der Biest.
Plus bas, voici sa couverture.

4e Latin-Grec 1972-73


4e Latin-Grec 1972-73 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 59 ans.


1er rang, assis :

M. Paquet, Ph. Colette, J.-M. Breda (+), Louis De Donder, Th. Ortmans, D. Grignard, B. Génicot.

2d rang, debout :
M. Gonzalez, P. Counson, J. -L. Undorf, E. Dejace, Y. Collard, J.-M. Bertrand.

mardi 8 septembre 2009

6e Latine B 1958-59


6e Latine B 1958-59 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 45 ans.

Les noms sont actuellement perdus. Merci d'ajouter ceux que vous connaissez, par un commentaire ci-dessous.

lundi 7 septembre 2009

Haïku


Puisqu'il le faut
entraînons-nous à mourir
à l'ombre des fleurs

Kobayashi Issa (1763-1828)
(Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.59, nrf, Poésie/Gallimard, 2002)












Pourquoi un haïku ?
Je le dirai.
Un jour.

6e Latines A et B 1957-58

6e Latine A

L'année scolaire 1957-58, Louis est titulaire des deux 6e Latines !
Malgré la taille respectable de chaque classe, ceci n'effraie pas notre héros, qui, à 44 ans, est dans la force de l'âge.


Quelqu'un peut-il expliquer comment s'organisait cette double classe ? Le deuxième enseignant présent sur la photo était-il un suppléant ?


Les noms des élèves de ces deux classes étaient perdus dans ce qui nous est parvenu des archives du Collège. Grâce aux contributions de Raymond Delhaye, Jean Janssen, Alain Peelen, et Pierre Jancloes (voir plus bas), voici les noms retrouvés :


1re rangée, assis, de gauche à droite :
André Vériter, André Magis, (Jean-Marie ?) Bertrand, Pierre Jancloes, M. Lucassen, Louis De Donder, ? David, (inconnu), ? Beckers, Ghislain Defraîne.


2e rangée, debout, de gauche à droite : (inconnu), Jacques Archambeau, ? Moray, Jacques Thiry, Michel Detrigne, Jacques Firquet, ? Andry, Rodolphe Visé, Yves Talbot.

3e rangée debout de gauche à droite : 

Charles Breuer, Jacques Poumay, ? Lodomez, Francis Pigeolet, Christian Fréhisse, Christian Félix, Michel Detrembleur, Jean-Michel Blaise.




6e Latine B



1re rangée, assis, de gauche à droite : 
Hubert Massa, Jean-Pol Bastin, (? Forthomme ?), Jean-Marie Zegels, Louis De Donder, M. Lucassen, Charly Halleux, (inconnu), ? Dohogne, Charles Wirth.

2e rangée, debout, de gauche à droite :
Alain Peelen, Olivier de Frahan ? (mis en doute par un commentaire ci-dessous), Jean-Marie Bertrand, Bruno Groulard, Michel Gillot, (inconnu), (inconnu), Patrick Pelzer, (Walther Licht ?), Paul Spatz, Michel Detry, Christian Lilien.

3e rangée debout de gauche à droite : 
Clément Héroufosse (ou Thierry de Bry ?), André Pirard, Jean-Paul (ou Alain ?) Dumoulin, Werner de Borghrave, Victor Allard, Clément Lauter, Regnier Pirard, Dany Petit, Antoine Simonis, (inconnu), (inconnu), (? Namur). 

dimanche 6 septembre 2009

6e Latine 1956-57



6e Latine 1956-57 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 43 ans.

1re rangée, de gauche à droite :
Matthieu Thimister, Alain Peelen, Yves Talbot, (prénom ?) Marbaise, Louis De Donder, Jean-Paul Leclercq, Michel Pirard, Jacques Henkinbrant, Jean Gillot

2e rangée :
Edouard Simonis, Henri Schillings, Jean Pleyers, Jean-Marie Bertrand, Raymond Robert, Philippe Potel, Marc Chapelle, Jean-Marie Flamand, Guy Goffin, Guy Noirhomme

3e rangée :
Antoine Fléron, Jean-Marie Klinkenberg, Stany Renotte, Willy Henrotte, Jean Colin (ou Collin), Jean Mathieu, Jean-Paul Thijskens, Maurice Thenaers.

Particulièrement visibles sur cette photo, à l'arrière-plan, juste entre la tête des élèves du dernier rang : les pierres de taille sur le toit de la nef de gauche de l'église, de forme caractéristique.
Elles sont à vendre à présent...


samedi 5 septembre 2009

Allez, on se fait plaisir...

Une anecdote en chanson qui me revient par hasard :

un beau jour (de plus), je ne sais pas quelle association d'idées cocasse fit Louis en écoutant ce que disait un élève... mais ne voilà-t-il pas qu'il éclate de rire et se met à chanter en classe à tue-tête, les bras croisés à la cosaque et levant la jambe :


"
Elle avait une jambe en bois
Et pour que ça n'se voit pas
Elle faisait mettre par en d'ssous
Des rondelles en caoutchouc"

(Les amateurs du genre trouveront ici le texte intégral.)


C'était la première fois que j'entendais cette chanson : et pour cause, je suis né en 1960 et la chanson en 1908...
Mais j'ai eu l'occasion de
l'entendre à plusieurs reprises par la suite, à la radio, et il est inutile de dire qu'à chaque fois j'ai revu mon vieux professeur nous offrir une fois de plus un instant de folie, de fantaisie, de liberté...

On revient souvent sur ce blog, et on y reviendra encore, sur ces anecdotes délirantes qui ont fait de lui une légende vivante parmi les élèves (et parmi les parents, inquiets, à qui nous racontions ses frasques le soir en famille). Je voudrais préciser toutefois que Dedon n'était pas un clown, un gugusse ou un démagogue qui cherchait à amuser les élèves pour les mettre dans sa poche. C'était un vrai poète, que traversaient sans cesse des idées ou des images, parfois loufouques, certes. C'était un érudit, un humaniste, un passionné de littérature qui avait lu tant de choses, et dans tant de langues, le français, le latin, le grec, l'allemand... que son cerveau fourmillait de correspondances créatives entre ses innombrables sources.

Il nous faisait rire et nous riions avec lui. Pas de lui. Il riait sans doute parce qu'il était heureux en classe, heureux de donner cours, heureux de trouver du répondant en nous, son public, et de transmettre ce qu'il aimait.

N'est-ce pas lui encore qui cita cette réplique : "J'ai ri, me voilà désarmé" (*), lorsqu'un élève parvint, en le faisant rire, à se soustraire
à l'une de ses légendaires (et feintes, j'en suis sûr) colères ?

Alors, en hommage à sa joyeuse mémoire, faisons-nous plaisir en écoutant "La jambe de bois" chantée sur ce fichier mp3 par son interprète d'origine, Armand Ménard, dit Dranem (1869-1935).















(*) « J’ai ri, me voilà désarmé ! » in "La Métromanie", acte III, scène 7, d'Alexis Piron (Dijon, 9/7/1689 - Paris, 21/1/1773).

6e Latine 1955-56



6e Latine 1955-56 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 42 ans.


Les noms sont partiellement perdus. Merci à Pierre Jancloes de les avoir complétés ci-dessous en partie.


1er rang, assis, de gauche à droite :
Thierry Proumen, 2 inconnu, 3 inconnu, Pierre Pluymaekers, 5 (?) Groenscheld, 6 inconnu, 7 Louis Dedonder, 8, 9, 10 et 11 inconnus, Jaccques Delpierre.

2e rang :
(?) Reul, 2 inconnu, Damien Godin, 4 inconnu, Pierre Geortay, 6 et 7 inconnus, Philippe Lejeune, Jacques Debaar, 10 inconnu, François Baudouin.

3e rang :
1 inconnu, Nicolas Domken, (?) Demoulin, 4 inconnu, Marc Gustin, 6 et 7 inconnnus, Max Vanhulst, 9 inconnu, (?) Jongen, (?) Baudouin, Jean-Marie Henkinbrant.

vendredi 4 septembre 2009

6e Latine B 1959-60



6e Latine B 1959-60 (ancienne numérotation rétrograde).
Louis a 46 ans.


Les noms sont actuellement perdus. Merci d'ajouter ceux que vous connaissez, par l'ajout d'un commentaire.

jeudi 3 septembre 2009

Le Père Dedondaire ?!?? ("Faridondon, faridondaine... " ?)




Grâce aux talents conjugués d'un(e) apprenti(e) journaliste qui ne vérifie pas ses sources et d'un océanologue à la mémoire sans doute légèrement oxydée par des séjours prolongés en milieu salin, voici Louis "Dedondaire" ordonné prêtre post mortem, et à l'insu de son plein gré, dans cet article de La Toque publié en juillet 1998.

Deux anecdotes parmi tant d'autres...

  1. Rentrée année scolaire 1973-74, premier jour, 4e Latin-Grec. Nous voilà devant notre titulaire, cet homme que la légende décrit comme coutumier de violents emportements, aussi imprévisibles qu’impressionnants, voire un peu effrayants pour qui ne le connaît pas un brin... L’homme nous souhaite la bienvenue avec des mots que j’ai oubliés, mais qui font sûrement – déjà – chaud au cœur. Et cela ne rate pas: submergé par je ne sais quelle émotion, LDD assène un coup de poing... magistral (!) à son bureau en bois rescapé d’on ne sait quel déluge! Celui-ci, qui en a vu d’autres, soutient le choc, dont l’estrade se charge d’amplifier les ondes sonores. Deux secondes plus tard, une double détonation vient ajouter à l’émotion ambiante: les deux portes du vieux bureau, dont les charnières ont été dévissées par le redoubleur de service (le regretté Jean-Marc Bréda), qui connaît bien LDD, s’abattent à grand fracas, bien à plat sur l’estrade. Stupeur générale... Louis s’est figé. Il prend une profonde inspiration tout en parcourant son public d’un regard chargé d’éclairs... Et soudain, après cinq secondes d’un silence intolérable, il se met à hurler: «Sabotaaage! Septembre Noir!»
  2. Un matin, «frère Louis» pénètre dans la classe avec sa tête des (très) mauvais jours. Sans nous regarder et sans mot dire, il va chercher une plante verte agonisante sur l’appui de fenêtre et la pose sur son bureau. Puis, il s'empare du seau (vide) du tableau et de l’éponge (sèche) et les expose de même à nos yeux effarés. Cela fait, il nous toise et nous lance un solennel: «Messieurs, il y a un point commun entre ces trois objets!» Chacun se torture les méninges et attend l’orage inévitable. Et Dedon d’exploser, balayant le tout d’un geste large: «Ça fait au moins trois semaines qu’aucun des trois n’a plus reçu une seule goutte d’eau!»

lundi 31 août 2009

4e Latin-Grec 1975-76




4e Latin-Grec 1975-76 (ancienne numérotation rétrograde).

Louis a 62 ans.

1re rangée, de gauche à droite :
Marc Génicot, Serge Baecke, Stéphane Collin, Louis De Donder, Philippe Favart, Louis-Marie Poensgen, Vincent Verstraeten.

Au centre, de gauche à droite :
Jean-Paul Chaballe, Marc Lenaerts, Dominique Jeangette, Philippe Lange, André Bergs, Benoît Léonard, Paul Champagne, Jean-Claude Noblet, Jacques Delrez.

Derrière, de gauche à droite : Vassilios Gerontitis, Jean Michel Desmons, Jean François Hanotte, Albert Dumont, Didier Marcotte, Georges Daube, Alain Ernotte.




Sur la piste d'un ancien, Didier Marcotte :
http://www.aibl.fr/seances-et-manifestations/les-seances-du-vendredi/seances-2011/avril-2011/article/seance-du-8-avril-2011


dimanche 30 août 2009

4e Latin-Grec 1969-70



4e Latin-Grec 1969-70 (ancienne numérotation rétrograde). Louis a 56 ans.


1re rangée :
Pierre François, Jean-Paul Mauhin, Jean-Claude Bertrand, Louis De Donder, Vincent Auvray, Jean-Pierre Latour, Robert Legros.

2e rangée :
Eric Tulliez, Roger Ortmans, Pierre Melebeck, Michel Dheur, Georges Dumoulin, Bernard Gille, Jean-Jacques Letesson, Jean-Marie Depouhon, Luc Benoît, Claude Hanet.
Absent : Roger Belleflamme.

samedi 29 août 2009

Deux disparus




Sur le même cliché, deux disparus bien regrettés :
Louis en 1980 lors du 125e anniversaire, et l'église du Collège.

Sur les deux photos qui suivent, les tristes reliques de l'église, entreposés sur le chantier d'un démolisseur de Battice. Ces clichés datent de 1999.
En 2009, la plupart des restes s'y trouvent encore...






















Et puis la même, en majesté, en 1976 ou 77.



mardi 18 août 2009

La dernière année



Le Père Jean Charlier nous communique cette photo, datant de l'année scolaire 1979-80, l'année du 125e anniversaire. Sans doute l'une des dernières de Louis parmi ses collègues, prise, semble-t-il, en septembre 1979. Louis était donc déjà retraité.

Epinglons le regretté André Beaupain dans son geste typique pour rajuster ses lunettes sur son nez, toujours avec le même doigt et en ajoutant souvent : "Ma foi..."
Mentionnons aussi, événement rare, le très large sourire du Père Frépont, dont j'ai le souvenir d'un homme doux mais peu jovial, ou pas très heureux, ou souffrant peut-être...
Par contre, Louis ne regarde pas l'objectif. Il semble fixer un ailleurs qui l'angoisse.
Comme s'il savait ce qui l'attendait. Felix qui potuit rerum cognoscere causas...


A présent les noms, de gauche à droite :

- 1er rang, assis ou agenouillé : Joseph Doneux, surveillant-éducateur, Alain Halleux, Henri Leclercq, Léon Ernst, Bernadette Pirotte, Bernadette Magain, Joseph Cravatte, Jean-Marie Legrand, secrétaire de direction, précédemment instituteur.

- 2e rang : Jean Janssen, Jean Gillot, M. ? Petit (remplaçant de D. Willem - voir le commentaire ci-dessous du 21/8/2010), Père Roger Ernotte, Jean-Marie Delobel, Louis De Donder, Père Léon Frépont, André Beaupain, Jacqueline Parotte, Marie-France Dethier (1re enseignante de toute l'histoire de SFX), Père Jean Charlier, Père Georges Longrée.

- 3e rang : Joseph Vanderhoeven, Joseph Ruwet, Jean Arnould, Jacques Camps, Georges Küpper, Raymond Gaillard, Marcel Lepièce, Père Richard Dedeurwaerder, Jacqueline Boldo, Alfred Cormann, peut-être Anne Counet, la dame dont on ne voit que les cheveux derrière J. Parotte, Père Jacques Buyle (au-dessus), René Trokay, Thierry Fraeys de Veubeke, Luc Peeters, Philippe Massart (derrière), Jacques Servais (à demi-masqué), Philippe Dejong.

Les prénoms et noms manquants seront ajoutés incessamment...
Merci d'y collaborer d'un petit commentaire.

lundi 10 août 2009

Inter faeces et urinam nascimur


La note biographique de Louis rédigée par Jean Janssen le montre : il n'était ni doué ni motivé pour gérer les aspects pratiques de l'existence. Et même les contingences de la condition humaine. Je me souviens que lors d'un de ces échanges d'idées dont il émaillait ses cours, il en vint à parler des contraintes physiologiques, telles que la fonction excrétoire. Avec son éternel sourire ironique, et par périphrases, il se mit à déplorer le mode de fonctionnement de nos intestins et les déplaisirs ou les abaissements auxquels ce système nous contraint.
"Tout cela devrait se résumer à une
légère fumée qui s'élèverait de notre front au moment voulu", réclamait-il, les yeux rieurs...
Et de renchérir sur l'humiliante (selon lui) origine de nos existences en citant ces mots attribués à Saint Augustin, mais qui seraient en fait du philosophe
Porphyre de Tyr (233-304) :
"Inter faeces et urinam nascimur" - Nous naissons entre les fèces et l'urine.
C'est vrai d'un point de vue localisation anatomique, mais cela valait-il la peine d'en faire tant d'histoires ou d'en tirer du sens ? Il faut mentionner que Porphyre était dépressif, semble-t-il. Ceci peut expliquer cela.

samedi 8 août 2009

Une écriture familière...

Ces "d" en delta, si typiques...
(Cliquez sur l'image
pour l'agrandir)







"Graine de Bolchevik !"

Alors qu'il avait été, comme prisonnier de guerre, victime du fascisme, Louis De Donder n'appréciait pas pour autant la gauche. C'est le moins que l'on puisse dire...

Voici une anecdote qui l'illustre. C'était l'année scolaire 1974-75. En classe, un certain jour, nous en vînmes à parler de l'Union Soviétique. "De toute façon, dit Louis, la Sainte Russie se convertira ! La Sainte Russie se convertira..."
Il évoquait, je crois, une prophétie qui avait été faite par Dieu sait qui. Il répéta deux fois cette phrase, en insistant la seconde fois sur le mot "sainte", l'oeil farouche, le doigt en l'air, aussi intimement persuadé de l'inéluctabilité de l'événement que s'il s'était agi du retour de la comète de Halley.

Autre exemple de son anti-communisme viscéral : un élève m'avait raconté à l'époque, l'avoir vu intervenir dans la cour de récréation dans une bagarre entre deux très jeunes élèves. Il avait mis la main sur celui qui semblait être l'agresseur et après des remontrances méritées, lui avait asséné pour conclure son laïus, avec la voix puissante et grondante (comme le tonnerre, évidemment...) qu'il pouvait avoir en de telles occasions, un cinglant : "Graine de Bolchevik !"
Le gamin était resté coi sous le poids de l'accusation, à laquelle il n'avait rien compris, mais qui, à l'évidence, devait être terrible rien qu'à en juger par l'intonation.

Louis était chrétien, philosophiquement et politiquement. L'Eglise et la foi étaient ses références globales. Les nôtres aussi en tant qu'élèves. L'organisation et les pratiques du Collège feraient hurler les pédagogues et les ados d'aujourd'hui, dans une société beaucoup plus laïcisée. Pensez donc par exemple qu'il ne nous a guère semblé anormal à l'époque (les années 1970) que notre propre titulaire de classe soit aussi notre aumonier et notre confesseur, du moins quand il s'agissait d'un Père. Ce mélange de vie privée et de vie scolaire ne serait plus admis. La Communauté Jésuite englobait en partie les élèves dans son mode de vie, elle les y attirait et n'était pas juste là pour assurer une mission éducative. Cela semblait normal et pour la bonne cause.
Pourtant les choses n'ont jamais cessé d'évoluer. Vers 1970, nous trouvions révoltant que les élèves, autrefois, dussent assister à la messe chaque jour, et de surcroît faire valider un "carnet de messes" par la signature d'un curé de paroisse, lorsqu'ils étaient en week-end ou en vacances. Ces mêmes élèves avaient sans doute eux-mêmes trouvé tout aussi inacceptables des pratiques encore plus anciennes... Tout est relatif.

A l'époque où Louis prophétisait la conversion de la Russie, des histoires édifiantes couraient dans nos milieux sur la répression des chrétiens en Union Soviétique. J'avais une connaissance à Verviers, dont le père collaborait au trafic bien-pensant d'une organisation bienfaisante qui faisait entrer clandestinement en URSS des traductions russes de la Bible.

Dans le même genre, la chorale du Collège, sous la direction du Frère René Maurage, avait monté au printemps 1977 une "Passion selon Saint Luc" contemporaine pour choeur et orchestre composée par Herbert Peter, un musicien est-allemand. Moyennant mille tractations, ce compositeur avait été autorisé par les autorités est-allemandes à franchir le Rideau de fer pour quelques jours, afin de pouvoir assister à la création de son oeuvre à l'Ouest. Le reste de sa famille était évidemment resté à l'Est, en "garantie".
C'était un autre monde, "que les moins de 20 ans...."
Qu'ils visitent le musée de "Check-point Charlie" à Berlin s'ils veulent s'en faire une petite idée.

Bref, si son état de santé le lui permettait encore, Louis a dû jubiler fin 1989, quand l'Histoire donna raison à sa prophétie.

mercredi 5 août 2009

Juste une anecdote dans la brochure du 150e

A l'occasion du 150e anniversaire de la fondation du Collège est parue une brochure commémorative et historique évoquant un siècle et demi de petits et de grands moments.

On aurait espéré y trouver, parmi la galerie de portraits qui clôture l'ouvrage, une savoureuse évocation de la personnalité et des exploits de notre héros. Or c'est tout juste s'il est mentionné.

J'ai d'abord crié à l'injustice.

Et puis j'ai réalisé que si Louis était une étoile, il a brillé parmi un firmament. Au risque d'une éclipse partielle...
On est en effet étonné, admiratif, pensif devant le nombre de personnalités exceptionnelles qui ont traversé et fait vivre cette école et cette communauté, au sens religieux et non religieux du terme. Alors le moyen de les évoquer tous ? Les choix de ce genre sont souvent dus au hasard ou à la subjectivité ou aux affinités personnelles. Qu'importe après tout ?

Apprécions donc, a fortiori pour sa rareté, cette mention dans la brochure du 150e. Elle est due à la plume de Norbert Capelle, ancien recteur du collège, qui quitta la Compagnie en 1970 ou 1971, pour l'amour d'une femme. Beaucoup de bruit, ou plutôt de silences, à l'époque - rien que de très humain quand le temps nous donne un peu de recul et d'empathie.

L'anecdote de Norbert Capelle semblera un peu obscure aux jeunes générations : qui sait encore parmi les jeunes ce qu'étaient (et représentaient en termes d'imaginaire héroïque) les Missions ? Et qui sait encore au juste par quel mécanisme financier le fait de collectionner des timbres ou des bagues de cigare permettait de récolter de l'argent pour les Missions ?

Mais soit, retenons surtout ici la gouaille de Dedon :

(...) 1968. Louis Dedonder, titulaire de sixième, et qui fut longtemps avec son collègue Jacques Martiny, un des piliers du Collège, vient acheter Place Verte, dans un "Tabac et Cigares", sa forte dose quotidienne de cigarettes. Devant lui, un ecclésiastique vénérable et replet respire et palpe, pour mieux se les offrir, une grande et luxueuse boîte de cigares cubains. Et Monsieur Dedonder de lui susurrer par derrière, la voix mielleuse : "Les bagues, vous les gardez pour les missionnaires, sans doute ?"

N. Capelle.

In "Saint-François-Xavier-Verviers - Un Collège. Une Tradition Jésuite. 1855-2005", page 100.

vendredi 24 juillet 2009

La communauté éducative, probablement en juin 1960


La communauté et le corps enseignant de l'époque.

(Merci à Jean Janssen et à Jean-Michel Daele d'avoir complété les manquants - merci aux visiteurs de compléter les derniers noms manquants via l'ajout d'un commentaire)






Au premier rang, assis, de g. à d. :

1. Père Léopold Baumal, ancien camarade de classe de Louis De Donder (dont la classe se trouvait en 1974 sous celle de M. De Donder, et qui lors des démonstrations tapageuses de la maïeutique de Dedon soupirait en levant les yeux vers le plafond : "L'orage gronde..." - Il faut se souvenir en effet que "de donder" signifie "le tonnerre" en néerlandais)
2. M. Plumhans
3. Père Nestor Bodaux
4. M. Louis De Donder
5. Père Coméliau (recteur)
6. M. Bastin (chef de l'école primaire)
7. Père Nachtergaele (préfet)
8. M. Peeters (prof. de néerlandais)
9. Père Lambotte (5e LG A)

Deuxième rang, debout, de g. à d. :
1. Père Fabry (dit "Jef" ou "le grand Fabry", titulaire de Poésie)
2. Père Fernand Fabry (dit "le petit Fabry", futur curé de Lincé puis d'Elsaute)
3. M. Jacques Martiny
4. (derrière) ?
5. M. Siquet (prof de musique)
6. (Derrière : M. Lucassen, prof de néerlandais ?)
7. ?
8. ?
9. Père Léon Van der Biest
10. Père Van den Bossche (surveillant bâtisseur des toboggans de neige, à voir sur le site de Jean Janssen)
11. M. Henri Héroufosse (prof de math, dit "Pia")
12. Père Van Rijkevoorsel (5e LG B), l'auteur des fameux manuels "Le latin en 6e" et "Le latin en 5e" ? Voir ce message.
13. (derrière) ?
14. P. Goffinet, instituteur.
15. (derrière) Père Crèvecoeur
16. Père Willimes (qui s'occupait surtout de l'animation de retraites et qui avait un confessionnal à son nom dans l'église). Il était parfois surnommé "millimètre", par assonance.


Dernier rang, debout, de g. à d. :
1. M. Erich Allard, instituteur
2. M. Charles Creton, instituteur
3. M. René Boden, instituteur
4. M. Herman Scholzen, instituteur
5. M. René Teller, instituteur
6. Père Richard Dedeurwaerder
7. M. Jacques Florence, prof de gymnastique
8. ?
9. Père Willame, prof de religion
10. Père Léon Frépont, dit "Buta" - Souvent incompris des élèves, mais non dépourvu d'humour, le Père Frépont, qui était bien au courant de son surnom (dont personne n'a jamais pu me dire l'origine) nous avait expliqué au cours le système de noms en trois parties des Romains (tria nomina : praenomen, nomen, cognomen) en prenant comme exemples : "Caius Julius Caesar, Léon Frépont Buta..."

Une vie solitaire ?

Un repas en tête-à-tête avec soi-même...
Cet isolé n'était pourtant pas un solitaire. Il avait des amis à Verviers. Qui peut en témoigner ?

mercredi 22 juillet 2009

Thuin, le pays rêvé


Idéalisée par Louis De Donder, sa ville natale de Thuin, dont il nous rebattait les oreilles à toute occasion, veillant à bien (nous faire) prononcer "ThUin" et non "ThOUin", ainsi que l'accent de Verviers nous inclinait à le faire...

lundi 20 juillet 2009

Essai de biographie de Louis De Donder par Jean Janssen


Ci-contre : Louis De Donder prenant son repas de midi dans l'un des parloirs (au rez de chaussée, à droite dans le couloir du bâtiment des Pères - vous vous souvenez ?). A gauche sur l'image, le jeune homme souriant est Herman Scholzen, instituteur, résidant au Collège comme Dedon. Le monumental (et sans doute intransportable) buffet se trouve encore dans cette pièce en 2009, paraît-il. Qui peut dater cette photo ?




"Je sais que Louis est né en 1913, comme ma mère. Il aura une sœur et un frère, décédés tous deux avant lui. Il doit avoir fait ses humanités gréco-latines à Fleurus (je crois) où il sera condisciple de Léopold Baumal, futur jésuite, qu’il retrouve comme collègue à Verviers en 1959. Je sais qu’il a pris des leçons particulières avec un prof de math, car il m’a dit que ce professeur lui disait souvent : « Mais enfin, Louis, tu confonds toujours (a + b)² et a² + b² ! » De cette époque date sans doute son dégoût pour les maths qui se muera en mépris : Jean Gillot (son ancien élève en 6e Latine B) m’a raconté que quand De Don entrait en classe après un cours de math, il demandait aux élèves d’ouvrir les fenêtres pour faire partir tous ces relents de mathématiques. Je vois d’ici son air dédaigneux.
Après sa rhétorique, il entre au séminaire diocésain. Il n’ira pas jusqu’au bout, son virus de la lecture l’a déjà contaminé et son esprit d’indépendance lui fera lire de « mauvais auteurs » comme François Mauriac, considéré aujourd’hui comme un auteur chrétien... Mais il était plus que déconseillé à l’époque. Ce sera le motif officiel de son renvoi.
Plus tard, il aura le culot d’aller frapper à la porte de l’écrivain à Paris. Il sera reçu par Mauriac en personne et Louis lui racontera son motif de renvoi, ce qui n’étonnera pas l’écrivain, au courant des agissements des séminaires catholiques de son temps."










François Charles Mauriac, né le 11 octobre 1885 à Bordeaux et mort le 1 septembre 1970 à Paris.


"Après le séminaire, Louis entre comme professeur au collège de Bonne-Espérance à Vellereille-les-Brayeux, puis chez les jésuites au collège Saint-Paul de Godinne, où il n’y a que des internes. Dans ce collège huppé, où les fils d’ambassadeurs étrangers côtoient les héritiers mâles de la haute volée belge, il se rapprochera encore en pensée (comme sa mère, paraît-il) de cette aristocratie, dont il a les manières à défaut d’en avoir les moyens. Plus tard, il tombera littéralement amoureux de la princesse Paola. Il aura comme élève, entre autres, le petit Jacques Misson, fils de notaire, son futur recteur à Saint-François-Xavier à Verviers de 1967 à 1969.
La guerre va l’arracher à son cher collège. Mobilisé, il participe à la campagne des 18 Jours.
Le 28 mai 40, le roi capitule et Louis, comme tous les soldats belges, prend le chemin de l’Allemagne comme prisonnier de guerre. N’étant pas Flamand, il en aura jusqu’au milieu de 1945 avant de revoir sa patrie. Il se retrouve alors dans la région de Hambourg avec des compatriotes, des Français et des Polonais. Là-bas, son statut d’enseignant et la confiance de ses camarades le désigneront comme porte-parole de ses copains d’infortune. Tous les matins, il quitte le camp pour aller travailler dans une ferme où on appréciera sa serviabilité et ses progrès en allemand, qu’il se met à étudier frénétiquement. Il quittera l’Allemagne en parlant couramment la langue de Goethe.
J’ai rencontré en 1966, à Saint-Michel, un de ses camarades prisonniers, M. Ernst, un surveillant d’une gentillesse rare. Il m’a confié que, durant les premiers mois de captivité, son copain Louis avait convaincu les autres prisonniers de dire le chapelet tous les jours, pour la patrie et pour son roi. La longueur de la captivité aura raison de leurs élans de piété. Le mal du pays remplacerait-il l’amour de la patrie ?
C’est alors que je me rappelle mon prof d’histoire de 6e Latine. En quittant enfin l’Allemagne pour retrouver le sol natal, ces soldats belges, libérés mais pas encore libres, durent transiter par les Pays-Bas – détour insupportable – avant d’arriver en vue du territoire national. « Imaginez notre impatience, racontait M. De Donder. Tous aux fenêtres des wagons, guettant le premier signe de la terre de nos aïeux, de notre Belgique, nous découvrons, euphoriques, des… vaches, oui, mais des vaches belges ! Alors, d’un seul élan, nous nous mettons à vociférer d’un même mouvement de l’âme [De Donder hurlant littéralement] : Des vaches belges, des vaches belges ! Et nous nous embrassons, ivres de joie. »
C’est une véritable révélation pour les potaches que nous sommes alors d’imaginer des hommes s'embrassant : nous n’avions pas encore découvert le football spectacle et ses débordements hystériques.
Mais revenons au parcours de Louis. Il réintègre donc son collège de Godinne et reprend ses cours. Mais c’est un autre homme."





Le Prince Charles, Régent.



"La question royale divise alors le pays « dirigé » par le prince Charles (« l’ignoble régent ! »), frère du Roi (avec une majuscule pour parler de Léopold III) en exil en Suisse. Charles est régent du Royaume depuis la déportation de Léopold III en Allemagne en 1944. Louis est résolument léopoldiste (donc pour le retour de Léopold III en Belgique où il devrait reprendre ses prérogatives), comme la majorité des catholiques belges, en particulier les Flamands. La Wallonie, majoritairement socialo-communiste avec Spaak comme tribun, est contre ce retour. Mais son recteur de l’époque s’affiche comme anti-léopoldiste, soit contre le retour du Roi en Belgique. Le torchon brûle entre ces deux fanatiques et le Provincial, mis au courant, décide d’écarter M. De Donder le temps de lui trouver une place dans un autre collège jésuite.
En attendant, Louis sera secrétaire particulier du Provincial ! Après deux ou trois mois de secrétariat, une place se crée au collège Saint-François-Xavier de Verviers. Nous sommes en 1950. C’est ainsi que M. De Donder échouera dans notre Collège, où il ne connaît personne, pour y passer 27 ans comme professeur de 6e Latine puis de 4e Latin-Grec. Il donnera des cours de français, de latin, de grec, d’histoire et même de néerlandais. Il sera interne au Collège, ne retournant dans sa Thudinie natale que le samedi pour un court week-end. Chaque année, il partait en vacances avec le curé de sa paroisse et sa sœur, qui était la bonne du curé. Il lui arrivait de tester l’acoustique d’une cathédrale visitée en chantant à pleins poumons le Credo en grégorien. Sa sœur et le curé ne savaient où se cacher...

Il quittera le titulariat de 6e Latine B – où il était l’alter ego de M. Jacques Martiny – pour celui de 4e Gréco-Latine vers 1970. Il connaîtra les recteurs Plaquet, Derouau, Coméliau, Nachtergaele, Misson, Capelle et Lefèbvre (que l’on voit sur une autre photo de ce blog). Durant toutes ces années, il restera locataire de la même chambre, au troisième étage du Collège, côté cour. Ce local confiné sera rapidement envahi par ses innombrables livres."




Jacques Martiny et sa classe de 1972-73.

Une
autre photo de lui, plus ancienne, est disponible dans le message "La communauté éducative, vers 1958" mis en ligne le 24/7/09.







D
e gauche à droite :
  • 1er rang: Jean-Marie Boland, François-Luc Montulet, Alain Latour, Jacques Martiny (+), Serge Henkens, Vincent Dechêne, Jean-François Hannotte.

  • 2e rang: Xavier Bodart, Pierre Dethier, Marc Pasteger, Jean-Luc Fransen, André Lieutenant, Jean-Pierre Piret, Alain Degen, Jean-François Verlegh.

  • 3e rang: Michel Grau, Benoît Jeangette (+), Franck Dejardin, Gérard Pirlet, Guy Carrano, Dominique Dethioux, Philippe Petit Jean.

  • 4e rang: Jean-Louis Raxhon, Jean-Paul Adam, Marc Gérard, Pascal Meessen, Patrick Moyano.

"Voisin de palier de deux jeunes collègues germanophones de Primaire : Helmut Breuer et Herman Scholzen, Louis jouera pour eux le rôle d’un grand frère cultivé mais désordonné. Herman lui fait son lit tous les jours et lui vide ses cendriers : Louis s’en prétend incapable. Son collègue et ami Jacques Florence (prof de gym) se charge, avec son épouse, de rafraîchir cette chambre qui vire au taudis. Elle n’est pas terminée de deux jours qu’elle reprend ses airs de capharnaüm. Il m’avouera à l’âge de 65 ans ne jamais avoir ouvert une de ses deux fenêtres, bloquée depuis son arrivée. Ce personnage haut en couleur, pétri de culture, aime s’habiller élégamment, mais n’entretient pas ses vêtements. Il marche avec des souliers de prix sans s’apercevoir qu’après un certain temps, la semelle est trouée, et tout à l’avenant. C’est pratiquement un cerveau sur pattes. Mais il sait être charmeur avec les dames et volontiers blagueur. Et ses colères sont aussi terribles que courtes.

Il a très tôt une voiture, dont il fait profiter ses voisins de palier, surtout pour aller à Aix-la-Chapelle. Une nuit, revenant de Paris avec des amis, il tombe en panne d’essence. Arrivé devant une station fermée, il tambourine jusqu’à ce que le pompiste, furieux, lui ouvre, et il l’engueule pratiquement d’avoir mis tant de temps à se réveiller. Ambiance ! Il agit curieusement comme un enfant gâté auquel tout est dû.

Il a des fins de mois difficiles, mais oublie d’avertir quand il ne prend pas le dîner au collège. Le Père Econome Wey lui compte alors ce repas. Louis s’en aperçoit et va négocier sa réduction. Le père Wey refuse, Louis insiste : refus confirmé. De guerre lasse, De Donder sort en maugréant. Il ferme la porte puis la rouvre instantanément pour lui hurler, vindicatif, un mémorable « Merci, prêtre de Dieu ! ». Non, ce n’est pas un hôte commode. Pourtant, il est régulièrement invité par des parents d’élèves fortunés ; ça se faisait régulièrement avec les enseignants célibataires. C’était une sorte de récréation charitable que les grands bourgeois s’offraient à l’occasion. Alors, Louis brillait de mille feux, son côté aristo reprenant le dessus. Ça ne l’empêchait pas, le lendemain, de reprendre les cours avec l’ardeur et l’enthousiasme que la profession exigeait, du moins dans son esprit. On le voyait ainsi chaque année jouer de façon réaliste l’arrivée du soldat de Marathon ayant couru sans désemparer les 42 km qui le séparaient d’Athènes pour annoncer, dans un dernier souffle, la surprenante victoire hellène aux Athéniens qui n’y croyaient plus : De Don s’effondrait alors sur l’estrade et demeurait immobile, mort comme le soldat après avoir fait son devoir surhumain. Voilà un des nombreux épisodes classiques qui émaillaient son cours pour le plus grand bonheur des adolescents qui, pour la plupart, lui vouèrent en silence un véritable culte.

Sa fin de vie fut tristounette. Quittant le collège quelques mois après ses 65 ans en abandonnant la plupart de ses livres chéris, il regagne à Thuin ses pénates fort peu confortables, quasi adossés à un rocher suintant. Il retrouve pour très peu de temps sa sœur qui, en quittant ce monde, le laissera définitivement seul.
Le voilà donc abandonné de tous, ou presque. Je lui avais, comme d’autres, conseillé de rester à Verviers, où il connaissait tant de monde, plutôt que de retourner dans sa ville natale qu’il avait somme toute quittée depuis 1950. Las ! Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.
La maladie s’attaque à une de ses jambes qu’on lui ampute en plusieurs épisodes douloureux ; comme d’autres, il continuera de se plaindre de douleurs à ce membre manquant. Il est désormais dans une maison de retraite à Lobbes, près de Thuin. Je le verrai quelques fois à Lobbes. Je me souviens particulièrement d’un appel téléphonique particulièrement dramatique dans sa concision : « Jean, viens ! ». Persuadé qu’il était à toute extrémité, je suis parti pour Lobbes séance tenante. Son sourire accueillant et reconnaissant m’a récompensé et rassuré pour quelque temps. Heureusement, il m’a confié que certains de ses anciens élèves venaient lui rendre visite de temps à autre : qu’ils sachent que cela lui faisait un immense plaisir.
Réduit à se mouvoir en chaise roulante, il n’aura plus comme interlocuteur intermittent que la sœur directrice qui avait compris son désarroi. Le 21 juillet 1995 (triste fête nationale pour cet ancien combattant), il s’éteignit à tout jamais.

J’étais à ce moment parti en vacances. En rentrant chez moi, j’ai appris son décès par une lettre de la directrice de la maison de retraite, qui avait tenté vainement de m’appeler par téléphone."

Jean Janssen (le 15 juillet 2009)